Des ateliers d’illustration pour les jeunes / Illustration workshops for kids

English follows.

J’ai toujours aimé dessiné. Quand j’étais enfant, pas de hockey pour moi, pas de ringuette, un peu de soccer et de cours de danse, vite abandonnés… Mais j’ai suivi des cours d’art avec de jeunes artistes fraîchement sortis du baccalauréat, comme je le suis maintenant. J’y ai appris la discipline, à m’appliquer à un travail souvent difficile et frustrant. J’y ai surtout appris à aimer dessiner, encore plus.

Eh bien voilà, bien que j’aie encore plusieurs choses à apprendre, je suis passée de l’autre côté. En novembre, j’ai donné des ateliers d’illustration à deux classes de jeunes de quatrième année de Lamèque, au Nouveau-Brunswick.

Vu que j’habite à Moncton, ces ateliers étaient donnés par vidéoconférence. J’animais sur Skype alors que je faisais défiler un Powerpoint avec des notes, du visuel, des exemples… Et à la fin, les jeunes pouvaient poser des questions. Eh oui, on est dans le futur. Ces ateliers servaient à donner aux jeunes une base en illustration, pour qu’ils puissent réaliser des kamishibaïs.

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Le kamishibaï, c’est comme un théâtre d’illustrations. Il s’agit d’une invention japonaise qui est constituée d’un cadre en bois à l’intérieur duquel se trouve une pile d’illustrations. On fait glisser successivement les pages cartonnées qui illustrent le récit dans la structure en bois alors qu’on raconte l’histoire. Comme ça, une fois qu’on a raconté la situation initiale avec la première illustration, on la glisse hors du cadre, ce qui fait apparaître la prochaine illustration, et on la reglisse à la fin de la pile d’illustrations. L’histoire est écrite à l’envers des illustrations.

Mais bon. Moi c’est bien en illustration que je me spécialise, pas en kamishibaï !

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Un extrait de l’atelier sur les personnages : les yeux et comment ils donnent de la personnalité aux personnages

J’ai donné un total de quatre ateliers : un premier sur les personnages, puis sur les décors, un autre sur comment raconter quelque chose par l’illustration et finalement, un dernier sur les couleurs. J’ai pris une approche générale de l’illustration narrative, avec quelques petits trucs plus pointus. J’ai aussi montré à quoi une illustration peut servir et quel est son rôle par rapport au récit, vu que les jeunes utiliseraient bien sûr leurs illustrations pour leurs histoires. J’ai donné des mini fiches d’exercices ou de notes pour accompagner les ateliers. Elles soulignaient à quoi penser quand on dessine. Par exemple, quels détails peut-on donner à une maison pour qu’on comprenne qu’elle est hantée ? Ça m’a fait revisiter des notions que j’ai vues pendant mon bac et qui me servent dans mes propres projets.

 

Il y a deux semaines, je me suis rendue au vernissage des élèves. Hyper sympa ! C’était spécial de reconnaître certains des concepts que j’avais présentés ici et là. Vu que mes ateliers avaient été donnés par vidéoconférence, j’ai beaucoup aimé rencontrer les enfants qui étaient de l’autre côté de l’écran. Leurs histoires étaient toutes uniques et leurs illustrations étaient pleines de personnalité.

Je suis très reconnaissante envers Liza-Joanie Ouellet, l’enseignante qui m’a invitée à donner les ateliers d’illustrations. Ce fut inspirant de voir un personnel enseignant aussi passionné, qui propose à ses élèves des projets aussi originaux et enrichissants ! J’ai aussi rencontré une bibliothécaire, Lison Gaudet, qui a apporté un vrai kamishibaï et qui l’a présenté aux jeunes (c’est celui qu’on voit sur la photo plus haut). Trop cool tout ce que les bibliothèques publiques font dans nos communautés ! Je dois aussi mentionner Diane Deschênes, de la Maison de la culture inc., sans qui ma participation n’aurait pas été possible. Je suis bien contente qu’il y ait un véritable réseau culturel dans notre province.

Ça a aussi été intéressant de voir Shippagan en hiver (pour ceux qui ne connaissent pas, Lamèque et Shippagan, c’est à peu près collé). Je m’y étais rendue au printemps aussi. Je commence à m’y connaître, hé ! Le Brise Marine annonce qu’on est bien arrivés (quand on vient par la Rue 1), le Tazza Caffé juste après l’Université… C’était la première fois que je posais les pieds à Lamèque, par contre ! Bien qu’étant une Néo-brunswickoise de naissance (ok, mes parents sont québecois, mais booon…), je n’ai commencé à découvrir le Nord de la province qu’à l’âge adulte. Bon, chez moi, ça reste le Sud-Est, mais je suis contente de commencer à me familiariser avec cette région. J’ai l’impression d’élargir ma carte, en « déverrouillant » de nouvelles régions comme dans un jeu vidéo.

En plus de ça, ça a été mon premier long (3 heures) voyage en voiture toute seule. En accompagnement, j’ai mis Little Mourning de Milk & Bone (plusieurs fois), la musique de Star Wars : The Last Jedi (oui, ça fait très geek, mais ça donne l’impression qu’on pilote un vaisseau spatial, je recommande)… Ça m’angoissait un peu de voyager seule, assez loin, pendant l’hiver, mais comme j’ai l’impression de plus en plus, une fois que je m’y suis lancée, il n’y avait plus de stress. Yay pour les nouvelles expériences !

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De gauche à droite : Lison Gaudet, ,(moi), Liza-Joanie Ouellet.


I always liked to draw.  I tried soccer and then dance, but not for long… And absolutely no hockey for me! Instead, I took drawing classes with young artists all fresh from university, a little like I am now. This way, I learned discipline, to apply myself to a work that was often difficult and frustrating.  But I mostly learned to love drawing, even more.

Well, now I’ve seen the other side. This November, I taught four workshops for two classes of fourth-graders from Lamèque, New Brunswick. Since I live in Moncton, we did the workshops through video conferences. This is how it worked: I had a Powerpoint showing on a big screen for the visuals, notes and examples, while I gave explanations through the magic of Skype. The kids could ask questions at the end of my presentations. The goal of these workshops was to give the kids some notions on illustration, since they were themselves going to illustrate a short story they had written. They would then present their story with the illustrations in the form of a kamishibaï.

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kamishibaï is like a theater of illustrations. It’s a Japanese invention. It is made up of a wooden structure that’s kind of like a frame with shutters. Inside the frame is a stack of illustrations. The storyteller slides the illustrations in and out as the story progresses. The story is written on the verso of the illustrations. Genius, right?

I gave a total of four workshops: one on creating characters, one on creating meaningful settings, one on how to tell a story with an image, and finally, one on colors. I took a general and accessible

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A tidbit of the workshop on characters: eyes and how they give personality to a character! Text is in french, but I figure you can get this gist of it.

approach to illustration, really the basics with some more pointed advice that could be useful for the kids’ specific projects. I also explained what is the role of an illustration and what it can bring to the story. After each workshop, the kids received either a page of notes, an exercise or a mix of both. These were all made to guide them in what they need to think about when making an illustration.  For example, which details could they draw to tell that a house is haunted? Creating these workshops threw me back to my university classes and made me revisit the notions I use in my own projects.

 

Two weeks ago, the school organised an event where the kids showcased their kamishibaïs. I went and finally saw the illustrations they had made following the workshops! It was wonderful to meet the kids who were on the other side of the screen. Their stories were all unique, their illustrations full of character. It was also fun to recognize some of the tips from the workshops in their illustrations.

I’m grateful that Liza-Joanie Ouellet, the teacher for one of the classes, reached out to me. I met her and the other teacher, Céline Losier, in Lamèque. It’s so inspiring to see school staff who are so passionate and who make cool projects like that for their students! I also met a librarian, Lison Gaudet, who brought a real kamishibaï from her library (it’s the one you see in the picture above). There’re all sorts of things in public libraries these days! I also want to highlight that none of this would’ve been possible without the help of Diane Deschênes from Shippagan’s Maison de la culture inc.

It was also interesting to see Shippagan in winter (for those who don’t know the region, Lamèque is super close to Shippagan). I went there in the spring too, while I was working on the Festival de théâtre communautaire en Acadie (a community theater festival) with the Conseil provincial des sociétés culturelles (an NGO that promotes Acadian and Francophone culture).  Anyways, I dare say I’m starting to know Shippagan! Brise Marine, the small motel, which announces you’re there (if you are coming there from the same way I did, at least), the Tazza Caffé just after the University… It was the first time I had been on the island of Lamèque though!

Even though I’m a true New Brunswicker born and raised (my parents are from Quebec but whatevs), I’m just starting to discover the Northern parts of the province. It’s kinda like I’m uncovering new regions on a video game map.

It’s also been my first time driving alone for a long distance (254 km). For company, I put on Milk & Bone’s Little Mourning, several times, and the Star Wars: The Last Jedi, very geeky, but gives the impression that you’re driving a spaceship, totally recommend it. I was a bit worried to drive for so long on my own, in winter too, but as I’m finding more and more, once I just got into it, the stress was pretty much gone. Here’s to new experiences!

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From left to right : Lison Gaudet, ,(me), Liza-Joanie Ouellet.

Visual development – fleshing out a main character

I’m currently working on a proposal for a comic book alongside my other illustration and design projects. I also made this new website with a blog section. 2+2=4, I decided I’d take you, reader, through the creative process for my comic book project!

I like to write and work on the visual development for the story kinda at the same time. Currently, I have a few designs on the table, and the story’s basic plan is half done. Little steps! But it’s time to go deeper in all this, and to do so, I need to have a clear idea of what my main character’s made of. From the start of the project, I had more or less a vague idea of what he should look like.blog_chara1

The drawing on the left is from over a year ago and is the first drawing I made of him. It makes me want to laugh a bit, but looking at it again made me able to point out the things that don’t really correspond to my vision of the character in the second drawing (which is from a few days ago). It’s like… each of these designs have points that made me go : « yeah! that’s what he looks like! » and some that made me go « errr… that’s not quite it. »

So! Back to the drawing table! I think I kinda got more or less what I wanted from the design, which was what I needed to go to this next part…

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(Sorry, my sketches aren’t very clean) I wanted to work on this part of the character because it’s putting down a good part of his personality, which is going to help me write him in the story. I asked myself : how does he live these emotions?

We all move a bit differently, according to our individuality. This character is a child (he’s like twelve, I think), who’s been sheltered for parts of his life and left completely on his own when the story picks up. He also grows up in a troubled environment. I tried to convey that, but I might still have some work to do…

I think figuring out how the character reacts to things, how he moves and how he talks is all linked together. To properly write the story (as in, write the actual scenes with dialogue and everything), I want to know these things… for all of the main characters!

The last part, the eyes, is a bit more of a practice for me : expressive eyes aren’t exactly my forte, and I need to work on that…

Anyways, there’s still loads of work to do on this character design: I haven’t done a model sheet for uniformity, haven’t done serious work on the costumes… Next time! Maybe?